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Date et origine de Pessa'h

Dates de Pessa'h

 

Pessa'h (ou Pessahh) est prévu aux dates suivantes :

  • du jeudi 9 avril au jeudi 16 avril 2020
  • du dimanche 28 mars au dimanche 4 avril 2021
  • du samedi 16 avril au samedi 23 avril 2022

Pessah (la Pâque en hébreu), débute le 14ème jour du mois de Nissan et se poursuit sept jours durant en Israël et huit en Diaspora.

 

Pessah, une ancienne fête de pèlerinage devenue célébration domestique

 

Aussi écrit : Pessa’h ou Pessach

La fête de Pessah, célébrée du 14 au 21 ou 22 Nissan – en mars ou en avril du calendrier grégorien – conjugue deux fêtes bibliques, Pessah à proprement parler et la fête des Azymes.

Commémoration de la sortie d’Egypte telle qu’elle est rapportée dans la Bible, cette fête se manifeste par l’interdiction de consommer tout aliment qui intègrerait dans sa composition de la farine levée. Elle comprenait dans l’Antiquité l’offrande d’un sacrifice par chaque famille au temple de Jérusalem.

Désormais, le rituel est centré autour d’un repas ritualisé nommé seder et dont la fonction est de rappeler l’origine de la fête.

 

pessah

 

Un mémorial de la sortie d’Égypte

Le Pessah du 14 Nissan

L’origine de Pessah est pour la première fois rapportée dans le livre de l’Exode et se situe dans le contexte de la captivité des Hébreux en Égypte. Afin d’amener Pharaon à les libérer, Dieu inflige une série de dix plaies aux Egyptiens. C’est dans le cadre de la dernière de ces plaies, la mort des premiers-nés, que Dieu donne à son peuple les instructions suivantes :

 

Exode 12,1-24 : « Le Seigneur dit à Moïse et à Aaron dans le pays d’Egypte : "Ce mois sera pour vous le premier des mois, c’est lui que vous mettrez au commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : Le dix de ce mois, que l’on prenne une bête par famille, une bête par maison. Si la maison est trop peu nombreuse pour une bête, on la prendra avec le voisin le plus proche de la maison, selon le nombre des personnes. Vous choisirez la bête d’après ce que chacun peut manger. Vous aurez une bête sans défaut, mâle, âgée d’un an. Vous la prendrez parmi les agneaux ou les chevreaux. Vous la garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois. Toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’égorgera au crépuscule. On prendra du sang ; on en mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on la mangera. On mangera la chair cette nuit-là. On la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. N’en mangez rien cru ou cuit à l’eau, mais seulement rôti au feu, avec la tête, les pattes et les abats. Vous n’en aurez rien laissé le matin ; ce qui resterait le matin, brûlez-le. Mangez-la ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous la mangerez à la hâte. C’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Egypte cette nuit-là. Je frapperai tout premier-né au pays d’Egypte, de l’homme au bétail. Et je ferai justice de tous les dieux d’Egypte. C’est moi le Seigneur. Le sang vous servira de signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang. Je passerai par-dessus vous, et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Egypte. Ce jour-là vous servira de mémorial. Vous ferez ce pèlerinage pour fêter le Seigneur. D’âge en âge – loi immuable – vous le fêterez."»

 

La fête de Pessah est donc initialement définie comme la commémoration annuelle d’un rite de protection caractérisé par le sacrifice d’un agneau ou d’un chevreau et sa consommation dans un cadre familial.

 

Les sept jours des Azymes (« Hag Hamatzot »)

 

Toujours d’après l’Exode, la mort des premiers-nés convainquit Pharaon de libérer les Hébreux. Ceux-ci, sous la direction de Moïse et de son frère Aaron, quittent précipitamment l’Egypte et emportent avec eux leur pain qui n’avait pas eu le temps de lever. C’est l’origine de la fête des Azymes, laquelle commémore des événements conformes aux prescriptions divines :

 

Exode 12,15-20 : « Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Dès le premier jour, vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Et quiconque mangera du pain fermenté du premier jour au septième jour, celui-là sera retranché d’Israël. Au premier jour, vous aurez une réunion sacrée. Au septième jour, il en sera de même. Ces jours-là, on ne fera aucun travail, mais on pourra seulement faire le repas de chacun de vous. Vous observerez la fête des pains sans levain car, en ce jour précis, j’ai fait sortir vos armées du pays d’Egypte. Vous observerez ce jour d’âge en âge – loi immuable. Au premier mois, le quatorzième jour du mois, vous mangerez des pains sans levain jusqu’au vingt et unième jour du mois, au soir. Pendant sept jours, on ne trouvera pas de levain dans vos maisons. Et quiconque mangera du pain fermenté – émigré ou indigène du pays – celui-là sera retranché de la communauté d’Israël. Vous ne mangerez aucune pâte fermentée. Où que vous habitiez, vous mangerez des pains sans levain. »

 

Les ordonnances divines concernant le sacrifice de Pessah et l’observance des Azymes sont réitérées à de nombreuses dans la Torah et insérées dans chacun des exposés des commandements de Dieu à son peuple. A l’origine considérées comme deux fêtes distinctes, Pessah et les Azymes sont progressivement associées pour constituer une unique fête de 8 jours.

 

Du sacrifice antique au seder rabbinique

Le sacrifice au temple de Jérusalem

 

Bien que Pessah ait été institué en Egypte et que les Hébreux l’aient observé pendant leur errance dans le désert, elle est définie dans les textes de la Torah comme une fête de pèlerinage : après l’entrée en Terre promise, le sacrifice ne peut plus avoir lieu qu’au temple de Jérusalem.

 

Les textes bibliques détaillent les modalités de son accomplissement : d’après les livres de la Torah, le sacrifice doit avoir lieu « entre les deux soirs » ou « au coucher du soleil », une formulation diversement interprétée. L’agneau ou le chevreau sacrifié doit être intégralement consommés, avec du pain azyme et des herbes amères, dans la nuit du 14 au 15 Nissan. les éventuels restes de viande devront être brûlés. En plus des sacrifices individuels du 14 Nissan, des sacrifices publics spécifiques étaient également offerts pendant chacun des 7 jours des Azymes.

 

Le Talmud fournit de nombreuses informations pratiques sur le déroulement du sacrifice au Temple et la célébration de Pessah à Jérusalem. Cet événement mobilisait toute la ville pendant plusieurs jours avec l’arrivée de pèlerins parfois venus de loin pour l’occasion. L’écrivain juif Flavius Josèphe, qui vécut à la fin du Ier siècle de notre ère, décrit des foules immenses rassemblées en ville à cette occasion, se logeant chez l’habitant ou dans des tentes. Pour que tous les sacrifices puissent être accomplis à temps, ceux-ci commençaient le 14 à la mi-journée, ce qui contraignait les fidèles à cesser le travail dès ce moment voir même plus tôt s’ils devaient faire un long trajet.

De plus, suivant une disposition prévue par la Torah, les fidèles qui n’auraient pas été en mesure d’offrir leur sacrifice à la date du 14 Nissan peuvent le faire lors du « petit Pessah », qui a lieu un mois plus tard, le 14 Iyyar.

 

La célébration de Pessah en Diaspora dans l’Antiquité

 

A partir de la fin du VIe siècle avant notre ère, de nombreux juifs vivaient très éloignés de Jérusalem. La majorité ne s’y sont jamais rendus ou une seule fois au cours de leur existence. On débat donc de la manière dont ces communautés célébraient la fête à l’époque où le temple de Jérusalem était en activité : un écrivain juif du début du Ier siècle de notre ère, Philon, rapporte que dans sa ville d’Alexandrie, la fête s’apparentait à un festin centré sur la consommation d’un animal entier et accompagné de prières et d’hymnes. C’est également l’impression que donne la lecture critique des sources rabbiniques, d’après laquelle de nombreuses communautés fêtaient Pessah en mangeant de la viande rôtie ou bouillie.

 

L’institution du seder rabbinique

 

Avec la destruction définitive du temple de Jérusalem en 70 de notre ère, peut-être suivie de l’expulsion des juifs de la ville à partir de 135, les sacrifices de Pessah ne purent plus être offerts conformément aux prescriptions bibliques, puisque celles-ci imposent Jérusalem comme unique lieu de sacrifice juif. Par peur de voir des fidèles contrevenir à cette loi, la majorité des rabbins préconisèrent d’introduire dans le rite des décalages à propos du type de viande consommé, de son mode de cuisson ou encore de sa date de consommation. Le premier soir de Pessah, on pouvait ainsi manger un veau rôti ou toute viande bouillie ; quant aux traditionnels agneaux et chevreaux prescrit par la Torah, ils devaient désormais être consommés en dehors du premier soir de Pessah.

 

Parallèlement, les rabbins élaborent un nouveau rite pour remplacer le sacrifice pascal : il s’agit du seder (en hébreu, « ordre »), un banquet familial ritualisé élaboré sur le modèle du symposium antique. Son déroulement est pour la première fois détaillé dans le traité Pesahim de la Mishna : les participants au seder mangent accoudés, consomment du pain azyme et des herbes amères trempées dans une pâte de fruits (harosset) ainsi que quatre coupes de vin. En application des prescriptions de la Torah, un enfant y interroge le chef de la famille sur l’origine de la fête; la réponse comporte des passages obligés sur l’origine du sacrifice et sa signification à partir d’un commentaire d’extraits de la Torah.

 

Formalisé dès 200 de notre ère, le rite du seder, qu’on s’accorde désormais à considérer comme une innovation rabbinique, ne s’est imposé que progressivement dans la totalité des communautés juives ; il parait être observé universellement au début du Moyen Âge...

 


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